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Article
paru dans le magazine 7 jours.
Par
Louise Leclaire
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Parents de deux
beaux garçons,
Jean-François, 10 ans, et Nicolas,
8 ans, Jean-Pierre Lauzier et Nathalie Laforest
ont quitté des emplois stables et
solides pour créer leur propre entreprise
et faire ainsi ce qui les passionne. Il est
devenu conférencier et coach d'affaires
et elle, travaille comme administratrice;
des fonctions qui leur étaient inconnues
auparavant.
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« Je n'oublierai jamais la
première conférence que j'ai prononcée. J'étais
pourri et
misérable, mais j'ai appris. »
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Jean-Pierre Lauzier, qu'est-ce
qui vous a poussé
à tout lâcher ?
Pour être franc, tout a démarré à la suite d'une
réflexion d'un ami comptable. À l'automne 2000, alors
que j'occupais la fonction de directeur de comptes
exécutifs en vente et marketing pour une grande entreprise,
j'ai été contacté par une autre compagnie pour devenir
vice-président. Comme j'hésitais à changer encore
d'emploi, je suis allé consulter mon ami avec l'offre
en question. Ce dernier m'a demandé ce que je voulais
vraiment faire dans la vie, ce à quoi j'ai répondu
que je souhaitais faire de l'argent et être heureux. « Et
si tu n'avais pas besoin de travailler, que ferais-tu
pour t'accomplir? », m'a-t-il alors lancé.
Du coup, j'ai été bouleversé de ne pas être capable
de lui répondre. Après une demi-heure à l'écouter
sans même l'entendre, je me suis exclamé : « Je
veux faire des conférences et partager avec les gens. » Il
m'a alors dit : « Pourquoi ne le fais-tu pas? »
Que lui avez-vous répondu?
Que je n'avais aucune expérience dans ce
domaine et qu'en face de trois personnes je paniquais.
(rire)
Mon ami a alors rétorqué que tout s'apprenait.
Après réflexion, j'ai décidé de m'informer et j'ai
découvert l'existence de l'Association des conférenciers
professionnels du Canada. De fils en aiguille, je
me suis retrouvé au club Toastmaster où on
enseigne aux gens à parler en public. Je n'oublierai
jamais la première conférence que j'ai prononcée.
J'étais pourri et misérable, mais j'ai appris.
Finalement, j'ai accepté l'offre de partenariat et
de vice-présidence, car il fallait payer les comptes
mais, les soirs et durant les week-ends, j'apprenais
à devenir conférencier. J'ai enfin réalisé mon rêve
après deux ans et demi de pratique.
Et vous, Nathalie, qu'est-ce qui vous a motivée?
Je pensais aux enfants et à la qualité de vie que
je voulais leur offrir. Ne plus avoir à courir pour
concilier famille et travail était devenu important.
J'occupais depuis 15 ans un poste de direction en
vente pour une compagnie d'importance et je ne manquais
pas de travail, je vous jure.
Avez-vous déjà regretté votre décision?
J.-P. L : Non. La vie est tellement moins stressante;
je dors maintenant deux heures de moins par jour.
À 20 ans, j'ai décidé de gagner beaucoup d'argent
et je croyais alors que ce choix me procurerait bonheur
et épanouissement. À 40 ans, j'ai réalisé que je
m'étais trompé et que le plus important, c'était
d'être en harmonie avec ce que je faisais. J'ai compris
que de faire ce qui m'allume, ce qui me stimule tous
les jours, c'était pas mal plus agréable et rentable.
C'est là que j'ai décidé de me consacrer à ce qui
me passionnait.
N.L. : Moi non plus,
je ne regrette pas du tout ma décision. On s'est
préparés en conséquence de ces grands bouleversements.
Jean-Pierre a attendu deux ans avant de quitter son
emploi. Nous avons profité de ces années où nous
avions nos deux salaires pour diminuer nos dettes
au maximum. Quand il a laissé son emploi en 2003,
j'ai conservé le mien pendant les deux premières
années de démarrage de l'entreprise. On a prévu le
grand saut tant pour l'un que pour l'autre, sinon
on aurait vécu trop de pression financière. On a
bûché très fort aussi. J'avais mon emploi de jour
et, le soir, je travaillais pour JPL Communications.
La première année a été très difficile, mais on n'a
pas lâché en pensant aux enfants. On a pris la bonne
décision car, aujourd'hui, l'entreprise dépasse ses
objectifs.
Y a-t-il eu des moments de
découragement?
J.-P. L :
Oui, deux mois après avoir quitté mon emploi, j'ai
paniqué. Seul dans mon bureau installé dans le sous-sol
non fini de notre maison, j'angoissais à regarder
le téléphone qui ne sonnait jamais, sauf quand ma
conjointe m'appelait. Mais à force, il a fini par
retentir bien souvent. (rire)
Et la retraite, c'est pour quand ?
Nous sommes déjà à la retraite, car nous faisons
ce qui nous passionne. Notre vie n'est plus une course
folle. Nous avons décidé de ne plus embarquer dans
l'engrenage du stress et de cesser d'utiliser la
phrase : « C'est comme ça, on ne peut rien
y changer. » Nous gagnons bien notre vie en
réalisant notre passion.